Le déclic de mon changement de mode de vie : un ras-le-bol général

Avant d'envisager de quitter la société de consommation, j'ai cheminé, réfléchi et aussi pas mal trimé... Voici pourquoi et comment j'ai décidé de vivre différemment.

Un constat : le travail n'est plus rentable pour la plupart d'entre nous

Des semaines de réflexion, couchées sur le papier, afin de confirmer que mon idée n'est pas si farfelue que ça : travailler aujourd'hui, ne permet plus de payer ses factures, alors pourquoi s'épuiser au travail ? Je préfère encore le labeur véritable, car c'est une fatigue bien plus saine et logique. Lorsqu'on se fatigue à retourner la terre, à semer des graines, à entretenir des plantespuis à les récolter, à les cuisiner et enfin à les goûter, un lien se fait entre labeur et qualité de vie, contraiement au labeur du travail moderne qui ne permet même plus de manger correctement. Voilà le raisonnement qui m'a fait basculer de l'autre côté de la société de consommation. Du moins dans ma tête, car en réalité je dépends encore en grande partie de la société de consommation. C'est un long chemin ! J'ai prévu une période de 7 ans minimum pour devenir complètement autonome. Enorme non ?

Oui mais, peut-on vivre sans argent malgré tout ?

Vivre en dehors de la société de consommation, c'est vivre sans argent. On ne consomme pas, donc on doit tout produire soi-même. Cela prend beaucoup de temps et on n'a plus beaucoup de temps à accorder à une activité qui permette de gagner de l'argent.

J'envisage donc un mode de vie quasiment sans argent. Mais aussi par ce que je pense que c'est LA solution pour l'humanité si l'on veut éradiquer les injustices, l'esclavage, la pollution, l'arnaque (bouffer du poulet qui n'a pas de goût pour moi, c'est de l'arnaque), la pauvreté (pour moi la pauvreté, c'est l'endettement alors qu'on travaille). Mais il faut avoir accès à un terrain pour cultiver. Certains choisissent de ruser pour accéder à une surface de terre cultivable gratuitement (terrain abandonné, accord de mairies ou propriétaires, etc.)

D'autre part, cela prend des années de faire la transition entre "mode de vie de travailleur" et "mode de vie autonome ou autarcique", à moins d'avoir beaucoup d'argent de côté. Car il faut du temps pour apprendre à être autonome en nourriture, pour construire des machines et outils durables. Des outils qui fonctionnent sans élecricité ni carburant (pour tisser, pour essorer, pour moudre, pour percer..., etc.) tout en continuant à payer son électricité et son loyer en attendant ! Vendre des légumes pour ceux qui parviennent à produire beaucoup, peut être une solution par exemple.

Vivre sans argent, la solution à tous les maux actuels ?

Dans mon esprit, vivre sans argent est une bonne action pour la Terre et pour l'Humanité : boycotter les industries, les banques, le gouvernement, cela permet d'éviter leur pollution atmosphérique et ambiante, d'éviter l'exploitation qu'ils font de l'humain (et de l'enfant!), de l'animal... Si tout le monde vivait en autonomie grâce à la nature et sans argent, aucun humain ne serait considéré différemment d'un autre parce qui'l ne peut pas ou ne sait pas gagner de l'argent. Gagner de l'argent est un savoir-faire que tout le monde n'a pas, notamment parce que ce savoir-faire est lié à nos mécanismes psychologiques profonds, pas seulement parce que cela demande une certaine forme d'intelligence. Pour moi, vivre sans argent ce serait couper les vivres à tous nos pollueurs exploiteurs. C'est militer pour la paix et la vie saine. C'est redonner le mérite à tous ceux qui ont le goût de l'effort.

Je considère qu'aujourd'hui, travailler c'est se faire exploiter, quand on voit qu'on s'endette en travaillant, qu'on doit produire toujours plus pour une marge financière inexistante ou négative... Notre propre société nous exploite à travers le travail, en plus d'exploiter d'autres humains à l'étranger, pour l'extraction de mineraie par exemple. Alors oui, vivre sans argent, c'est une action citoyenne puissante. Cela permettrait, si tout le monde le faisait, de nous remettre sur un même pied d'égalité. Celui qui bosserait dur aurait plus de patates, de bons petits plats et l'autre non.

Après 2 années à progresser vers la décroissance, je suis partiellement autonome en nourriture, en produits d'hygiène pour le corps et la maison, en fabrication d'objets courants grâce à la récupération (panier, rideau, meubles...).

Vivre en symbiose avec la nature, cela me permet d'être très "écolo", mais je n'aime pas ce terme qui est devenu un terme marketing. Si être écolo c'est produire du courant avec un panneau électrique fabriqué avec des mineraies rares puisés à l'autre bout de la terre, si c'est fabriquer sa lessive avec de l'huile de coco quand on habite dans le nord de la France, alors être écolo, c'est marcher sur la tête et ça n'a aucun sens pour la protection de la nature. On peut faire beaucoup mieux en utilisant des ressources locales. D'ailleurs, ce sera un jour, la seule solution je pense.

Je ne me considère pas comme écolo, mais comme... un mot qui n'existe pas, qui signifirait "qui vit avec la nature". Sauvage ? :-D.

Pour en revenir à l'impact "écologique" de mon mode de vie, il est vrai donc que je pollue beaucoup (beaucoup beaucoup beaucoup) moins, surtout quand on pense au nombre de serviettes hygiéniques que je ne jette plus à la poubelle tous les mois... Désolée, c'est dégueulasse comme sujet mais c'est encore plus dégueulasse quand on pense à ce que ça devient une fois jeté à la poubelle. Qu'en font les déchetteries ? Alors oui, c'est dégueulasse aussi de laver ses serviettes hygiéniques lavables, ça pue, ça fait chier de les faire sécher devant le reste de la famille, ça consomme de l'eau (mais quand on est autonome en eau, ce n'est pas un problème ) mais c'est bien plus propre que de brûler des dizaines de serviettes "hygiéniques" tous les mois. La meilleure alternative reste le tampon car il se dégrade dans la fosse septique, mais il est très souvent emballé dans du plastique (il existe des tampons emballés dans un emballage qui ressemble au plastique mais qui est compostable).

Donc, d'une part je pollue moins (je fais beaucoup plus de choses moi-même et donc j'achète beaucoup moins de produits emballés dans du plastique, comme la viande sous vide, les gâteaux etc., j'évite d'utiliser des objets consommant de l'électricité ou usant des piles...) mais en plus je m'intoxique moins avec des aliments chimiques potentiellement traités, à base d'ingrédients douteux.

Concrètement, ce qu'implique un mode de vie sans argent

Vivre sans argent, même si ce n'est que partiellement pour commencer, c'est se passer du superflu. Trouver des solutions naturelles et locales. Comme le faisaient les Gaulois, dont je m'inspire beaucoup, notamment pour la fabrication de la lessive. Les Gaulois sont les seuls qui vivaient en harmonie avec la nature tout en étant ingénieux et autonomes. Si vous jouez vraiment le jeu, vous verrez que des choses qui vous semblent nécessaires au quotidien, deviennent superflues au fil du temps. Par exemple, le dentifrice. On a vécu des millions d'années sans ce produit bourré de saloperies ! Sans jeter un tube de plastique tous les mois. Ceci est aussi valable pour les savons : vous n'en avez pas marre de jeter régulièrement des tubes ou flacons en plastique ? Pour en revenir au dentifrice, quand on se brosse les dents sans dentifrice, on fait un peu d'économies certes (dérisoires), mais surtout on a tellement peur de chopper des carries qu'on se brosse bien mieux les dents ! Et les dentistes eux-mêmes le disent: c'est un mauvais brossage qui cause la majorité des problèmes dentaires. Alors on arrête le dentifrice, ou bien on en prend qu'une seule fois par jour (pour ma part, j'ai diminué progressivement pour n'en prendre plus qu'une fois par semaine, pour le plaisir), on frotte bien partout, on rince et on refrotte et on rerince, 2 fois par jour pour ma part, depuis 2 ans, mon dentiste confirme que tout va bien : pas de caries, un tout petit peu de tartre. Je boycotte donc presque complètement les industries de l'hygiène corporelle et leur pollution, leurs propos mensongers.

Quand on vit sans argent, tout prend une autre "valeur financière". Je m'explique. Quand je fabrique un panier moi-même, avec des végétaux de mon jardin ou que je récolte en balade, je mets 2 à 3 jours (récolte, préparation, fabrication) parce que je n'utilise pas forcément de l'osier de 1ère qualité que j'ai acheté ou cultivé. Je considère qu'il faut faire avec ce que la nature nous donne sur place, d'elle-même, c'est ça vivre en autonomie, utiliser au maximum les ressources sauvages, en les respectant. Cela permet de laisser la nature faire et donc de s'épanouir, mais cela demande aussi moins d'effort que de tout produire à 100% soi-même. Personnellement, étant autoentrepreneur, je travaille pour 30€ de l'heure (heure de travail productif, je ne facture pas le temps passé à lire mes mails, faire ma compta, échanger avec les clients, faire des devis...). Donc si mon métier était de vendre des paniers, je le vendrai à plus de 200€ ! Alors qu'on en trouve à 5€ chez Action... J'ai donc pris conscience de l'immense écart entre la vraie valeur des choses et la valeur que notre société de consommation leur accorde. Ce qui ne fait que confirmer que l'argent nous pourrit la vie à tous. Acheter une boite de gâteau à 2€ alors que pour la produire soi-même il faut cultiver du blé, le récolter, le moudre en farine, élever une vache laitière, la traire, faire du lait, puis du beurre, élever des poules pondeuses pour récolter leurs oeufs, faire du sucre et donc construire une machine qui le permet ou faire du miel, puis cuisiner les gâteaux... ça coût bien plus que 2€ !! C'est fou non ?

Donc vivre sans argent, c'est clairement être travailleur si on veut garder un confort de vie assez proche de celui de la société moderne. Manger varié, avoir un panier solide, faire son propre tissu et ses propres objets... cela prend du temps et je ne suis pas sûre que vous trouverez le temps de vous ennuyer. Vivre sans argent avec un objectif de vie en toute autonomie, c'est être très travailleur, mais un travail qui est valorisé par la qualité des produits, par l'amour de la nature, c'est être reconnaissant 1000 fois plus envers la terre nourricière : des carottes au goût de carotte, du poulet au goût de poulet, une lessive vraiment écologique car produite à 100% depuis mon jardin...

Sans argent, oui mais les taxes ?

Taxe foncière, taxe d'habitation, ordures ménagères, eau courante, assurances... Mon objectif est de vivre en toute autonomie et donc, sans payer d'ordures ménagères puisque je ne produirai que des déchets compostables (ce jour là, croyez-moi je refuserai de payer toutes leurs factures, obligatoires ou non), sans payer d'eau car je suis autonome en eau (eau de pluie), sans payer d'assurances car je n'aurai plus de voiture. Une seule catégorie de taxes que je n'ai pas le choix de payer : la taxe foncière, la taxe d'habitation, la cotisation foncière des entreprises. Et je trouve ça scandaleux. On nous oblige à gagner de l'argent. On nous oblige à travailler. Nous sommes des esclaves modernes. Et je devrais donc bien accepter de continuer à gagner l'argent nécessaire. Je préférerais nettement troquer plutôt que de rester dans le système financier, mais on ne peut pas troquer une taxe :-D. Car le troc, c'est une façon de s'entraider facilement, d'échanger des compétences, des savoir-faire.

Ras le bol général = DECLIC = j'arrête de nourrir cette société

J'expliquais plus haut ma position de boycotteuse du monde du travail, de l'industrie et de sa pollution. Le ras-le-bol c'est aussi de bouffer de la merde. Parce que même quand on est pété de tunes, on ne sait jamais ce que le restaurant nous refile comme merde dans l'assiette. Souvent maintenant, des surgelés, des produits chimiques, périmés, de la viande d'élevage industrielle qui ne connaît pas le vert... Beurk. Vivre en autonomie, en symbiose avec la nature, c'est aussi enfin, SE RESPECTER SOI-MÊME en refusant de bouffer cette merde, de se polluer. Alors oui, je tue mes poulets moi-même et je les mange (après tentative de végétarisme, cela ne me convient pas car je ne peux presque pas manger de féculents pour raison de santé). Mon combat à moi, c'est de boycotter les animaux maltraités depuis leur naissance jusqu'à leur emballage sous-vide... Mon effort, c'est donc de tuer une bête moi-même pour être sûre qu'elle a profité des bonnes choses, et qu'elle mourra avec le moins de souffrance possible et une reconnaissance immense de ma part.

Le ras-le-bol, c'est aussi de payer des fringues aussi chères que ma voisine, sauf qu'avec mon corps trappu, ça ne me va pas. Obligée de porter des vêtements qui me rendent moche et payer le prix fort ? Ras-le-bol. Je veux donc produire mes propres vêtements. Actuellement en phase de transition vers une vie autonome, je n'arrive pas encore à produire mon propre tissu, (j'ai créé une bobine de fil d'ortie pour l'instant !). Je jongle donc entre récupération de tissus + couture et achat de vêtements.

Le ras-le-bol, c'est aussi d'avoir consulté des professionnels de santé toutes les semaines pendant 8 mois pour traiter mes douleurs dorsales musculaires chroniques, pour n'être absolument pas soulagée. C'est d'avoir trouvé des solutions vraiment aidantes moi-même au bout du compte ! Mais pas des solutions miracles non plus... Le ras-le-bol, c'est de devoir infliger 11 vaccins à un nouveau-né alors que l'humain a vécu sans pendant des millions d'années. Il faut arrêter de croire que nous Humains sommes responsables de tout sur Terre. Juste rester à notre place, d'humain qui fait partie du cycle de la vie. Oui, je suis prête à voir réapparaître des maladies infantiles...

Bref, le ras-le-bol c'est de cautionner un monde médical violent et négligeant à la fois, qui est obsédé par l'allongement de la durée de vie en soignant toutes les maladies coûte que coûte, mais qui ne prend pas le temps de vous écouter en consultation. Un monde médical qui fonctionne avec des recherches médicales très coûteuses (en termes d'argent mais surtout en termes de ressources naturelles gâchées, de pollution, d'exploitation de l'homme et de l'animal). Je crois que l'homme doit enfin accepter qu'il n'est pas dieu et qu'il doit accepter d'être malade, quitte à en mourrir même jeune. La nature permet de soigner et soulager déjà tellement de choses !

Je pourrais en dire encore un tas, mais je pense que je vous ai déjà bien éclairés sur mes motivations à devenir autonome, et sur le fait que je suis persuadée que tout le monde devrait en faire autant, pour le bien-être physique et moral de chacun, pour la terre, pour tous les êtres vivants, pour le BONHEUR. Et puis, sur ce blog vous allez trouver bien d'autres pages sur lesquelles je détaille tout ça... alors, à bientôt ;-)